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Stéphane Bordarier
Né en 1953. Vit et travaille à Nîmes
" Un curieux pigment, au nom qui annonce une virulence météorique,
pour une suite de près de vingt toiles.
A la lumière du jour, ce pigment, qui semble presque terreux, prend
une couleur aubergine, violacée, quelque chose d'un violet sombre
plongeant vers le brun. La forme colorée, qui occupe presque toute
la toile, alors recède, prend du recul et de la profondeur. Elle
s'ouvre lentement, de manière presqu'opaque, à des différences,
celles qui tiennent à la proximité plus ou moins grande
de la couche de colle qui sert à enduire la toile pour fixer le
pigment. A la lumière électrique, toujours teintée
de jaune, la couleur remonte à la surface et le violet disparaît
pour faire place à des bruns et des terres carrément sombres.
En une dizaine d'années, Stéphane Bordarier est allé
vers une pauvreté voulue des moyens colorés, une pauvreté
tellement recherchée, si patiemment poursuivie, qu'elle en est
devenue presque un luxe: le luxe de ceux qui se permettent des reoncements
radicaux. Il y a dans ces toiles, quelque chose de la bure du moine. Le
pigment le plus léger, le plus sec possible, le plus proche de
la poussière colorée, est raclé, étendu, posé
jusqu'à faire corps avec la toile écrue. Les traces de la
spatule qui le répartit et l'étale font les uniques différences
de la surface, des différences qui remontent lentement lorsque
le regard a passé le moment de la première rencontre avec
la toile. Se met alors à battre une sorte de pulsation visuelle,
de pouls du regard: une pulsation qui est de l'œil aussi bien que
du champ coloré. Ils ne peuvent se départager. La sensation
est ici l'acte commun du sentant et du senti.
La couleur de ce violet de Mars déploie le moins de séduction
possible. Elle n'est ni plaisante, ni chatoyante, ni attirante. Rien d'immédiatement
joli ne vient distraire de son intensité et de sa densité.
Elle opère, en quelque sorte, comme une abstraction de la couleur,
comme le coloré de la couleur, la couleur réduite à
son abstraction d'être-coloré, sans enchantement ni séduction.
Il y a même là une sorte de brutalité.
Au fil de la pratique de Stéphane Bordarier, les couleurs sont
allées se réduisant. A ses débuts, il juxtaposait
des plages colorées, même si c'était déjà
avec beaucoup d'économie et de parcimonie. Il y a quelques années,
quatre, cinq années, sa peinture est devenue monochromatique :
avec des toiles rouges, d'autres grises, d'autres terre, et maintenant
ce violet de Mars. Le choix est clair: la couleur désormais pour
elle-même, non pas démonstrative, non pas pour signifier
quoi que ce soit, mais donnée comme un fait visuel, donnée
comme expérience. [...] "
Expositions personnelles (sélection)
1986 Musée
d'Art Moderne, Céret
1989
Galerie Jean Fournier,
Paris
1991
Galerie Jean Fournier,
Paris
1992
Aldébaran, Baillargues,
Montepellier
1994
Galerie Piano Nobile,
Perugia, Italie
1995
Galerie Jean Fournier,
Paris
Musée des Beaux-Arts, Mulhouse
Centre Régional d'Art Contemporain, Montbéliard
1996
Alliance Française,
Bologne, Italie
1997
Alliance Française,
Bari, Italie
Centre Culturel Français, Milan, Italie
1998
Galerie Jean Fournier,
Paris
1999
Bei Horst Schuler, Düsseldorf,
Allemagne
2000
Musée Réattu,
Arles
Galerie S 65, Aalst, Belgique
Galerie Jean Fournier, (FIAC 2000) Paris
2001
Galerie Peccolo, Livorno,
Italie
2002
Galerie Jean Fournier,
Paris
La Box, Ecole Nationale des Beaux-Arts, Bourges
Ecole des Beaux-Arts, Tours (avec Christophe Cuzin)
Expositions collectives (sélection)
1984 Peinture,
l'autre nouvelle génération, Grand Palais, Paris
1985
Art Français,
une nouvelle génération, Kulturhuset, Stockholm, Suède
1987
Galerie Jean Fournier,
FIAC, Paris
Carte blanche à Yves Michaud, CREDAC, Ivry
1988
Galerie Jean Fournier,
Paris
Nîmes sur Seine, FNAGP, Paris
1990
Une collection pour la
Grande Arche, La Défense, Paris
Agnès B, un regard sur l'art contemporain,
Espace des Arts, Chalon sur Saône
1994
Acquisitions du FDAC
Seine-Saint-Denis, Bobigny
Galerie Bernard Jordan, Paris
Vert printemps, Galerie Jean Fournier, Paris
Art français d'aujourd'hui, Musée d'Art
Moderne, Kwangju, Corée
Les 50 ans du Monde, ENSBA, Paris
1995
Papel, papel, Galerie
Jean Fournier, Paris
La Vigie, Art Contemporain, Nîmes
1996
Carte blanche à
Fouad Bellamine, Villa Roudani, Casablanca
(Institut Français) et Institut Français,
Rabat, Maroc
Passions Privées, Musée d'Art Moderne
de la Ville de Paris
1997
25 ans d'art
contemporain à travers la collection d'Yves Michaud,
Musée d'Art Moderne, Céret
Les formes de la Couleur, Carré d'Art, Musée
d'Art Contemporain, Nîmes
1998
Saga, Catherine
Putnam Editions
Jeux de genre, Fonds Municipal d'Art Contemporain,
Espace Electra, Paris
L'abstraction et ses territoires, Centre d'Art Contemporain,
Montbéliard
La Vigie, Nîmes (avec C. Cuzin)
1999
Art Brussels/Art Basel/Art
Koln, Galerie S 65, Aalst, Belgique
Die Farbe (Rot) hat mich, Karl Ernst Osthaus -Museum,
Hagen, Allemagne
Galerie Jean Fournier, Paris
2000
Eté 91 - été 2000, L.A.C., Sigean
Matériau : couleur, Centre Régional
d'Art Contemporain,
Montbéliard, (Bordarier, Shanahan, Scaccabarozzi)
2001
« Papiers », Galerie Jean Fournier, Paris
« Art Köln », Galerie Jean Fournier, Paris
Galerie Turchetto Plurima, Udine, Italie
2002
« Colour - A life of its own », Mücsarnok kunsthalle,
Budapest
Galerie Turchetto Plurima, Udine, Italie
Collections publiques
Fonds National d'Art Contemporain
Fonds Régional d'Art Contemporain Languedoc-Roussillon
Musée d'Art Moderne, Céret
Fonds Régional d'Art Contemporain de Franche-Comté
Fonds Départemental d'Art Contemporain de Seine-Saint-Denis
Collection AXA, La Grande Arche, La Défense
Musée de Montbéliard
Collection de la Ville de Paris
Institut Français, Rabat et Casablanca, Maroc
Carré d'Art, Musée d'Art Contemporain, Nîmes
Karl Ernst Osthaus Museum, Hagen, Allemagne
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