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     Texte de Philippe Boutibonnes accompagné d’une oeuvre
     originale d’Eve Gramatzki.

     1994


     Cette édition se compose d’un tirage de tête limité
     à 15 exemplaires plus III hors-commerce,
     tous numérotés et signés.
     Format du livre : 38 cm x 18 cm.,
     16 pages imprimées en sérigraphie,
     composées en Bodoni corps 13 sur velin d’Arches noir 250gr.      Présentation sous emboitage rigid
e.

     Une édition ordinaire, numérotée de 16 à 250 exemplaires
     est réalisée sur Offset Condor 160gr., format 32 cm x 15 cm,
     comportant une reproduction couleur, sous couverte cartonnée.

     Prix : Nous consulter

Texte de Philippe Boutibonnes accompagné d’une oeuvre originale
d’Eve Gramatzki.

" Deux mouvements donc. Le premier défère, par l'écoulement étiré du pinceau, les humeurs du réel et du sujet à la surface plane : c'est un naufrage dans le proche chaos de la couleur accumulée et de ce qu'elle cache. L'opération suivante gouverne le tracement du réseau ténu de lignes interrompues. Mais ce qui n'est pas vu, c'est le moment charnière de la suspension d'activité, l'absence de geste - ou mieux, sa mise en parenthèses - qui articule le mouvement de balayage du pinceau au mouvement retenu du crayon. Il traduit l'intervalle de basculement du tableau, le suspens qui fait commuter l'inmaîtrisable avec la structure assignée par la peur (5)

A l'espace indécidé - indessinable - du corps matriciel agité ou douloureux, succède un principe d'ordre(6). Du fond inquiet naîtra la séquence des traits. Cadence. Rythme. Le temps et son balancement opèrent une mise en conformité. Même s'il est du côté de la mort, le martèlement invoque un logos qui ne révoque pas totalement le bruit de fond, mais qui a pour charge de le contenir et de le réduire. Tumulte - une boue dit-elle - qu'Eve Gramatzki séquestre sous la grille. Asservit-elle à tout jamais la menace ?

Du cri mesuré.

Qu'ils soient tracés à main levée, que leurs accidents discrets dénotent le battement du sang dans la pulpe du doigt qui les tire, qu'ils soient des segments sans accrocs, sans aspérités - une graphie proche de la nullité, un électro-encéphalogramme plat, qu'ils soient réduits à d'imperceptibles lignes souterraines formées par l'accumulation de l'aquarelle dans les vergeures du papier d'Ingres ou qu'ils soient accentués - mais à peine - d'un coup de pinceau chargé d'une couleur plus dense que le fond dont ils s'émancipent, les traits n'annulent ni ne raturent le dépot tumultueux des couleurs. Ils ne murent pas un silence. [...] ”