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     Texte de Yves Michaud accompagné de deux oeuvres
     originales de Stéphane Bordarier.

     1997


     Cette édition originale composé d'un texte de yves michaud et de deux peintures de stéphane bordarier, a été tirée sur velin d'arches blanc 160 grammes à trente exemplaires numérotées de 1 à 30 plus trois hors commerce numérotées de I à III (h.c). impression en sérigraphie par l'atelier 7. une édition courante numérotée de 31 à 300 a été réalisé sur rivoli 160 grammes. maquette stéphane bordarier, conception atelier graphique bernard dortindeguey / pierre huber. édité par nicole dortindeguey. publié avec le concours du centre régional des lettres.

     Prix : 540 Euros, Franco (France et étranger).

Sur la série violet de mars et la peinture de Stéphane Bordarier

“ En une dizaine d'années, Stéphane Bordarier est allé vers une pauvreté voulue des moyens colorés, une pauvreté tellement recherchée, si patiemment poursuivie, qu'elle en est devenue presque un luxe: le luxe de ceux qui se permettent des renoncements radicaux. Il y a dans ces toiles, quelque chose de la bure du moine. Le pigment le plus léger, le plus sec possible, le plus proche de la poussière colorée, est raclé, étendu, posé jusqu'à faire corps avec la toile écrue. Les traces de la spatule qui le répartit et l'étale font les uniques différences de la surface, des différences qui remontent lentement lorsque le regard a passé le moment de la première rencontre avec la toile. Se met alors à battre une sorte de pulsation visuelle, de pouls du regard: une pulsation qui est de l'œil aussi bien que du champ coloré. Ils ne peuvent se départager. La sensation est ici l'acte commun du sentant et du senti.
La couleur de ce violet de Mars déploie le moins de séduction possible. Elle n'est ni plaisante, ni chatoyante, ni attirante. Rien d'immédiatement joli ne vient distraire de son intensité et de sa densité. Elle opère, en quelque sorte, comme une abstraction de la couleur, comme le coloré de la couleur, la couleur réduite à son abstraction d'être-coloré, sans enchantement ni séduction. Il y a même là une sorte de brutalité.
Au fil de la pratique de Stéphane Bordarier, les couleurs sont allées se réduisant. A ses débuts, il juxtaposait des plages colorées, même si c'était déjà avec beaucoup d'économie et de parcimonie. Il y a quelques années, quatre, cinq années, sa peinture est devenue monochromatique : avec des toiles rouges, d'autres grises, d'autres terre, et maintenant ce violet de Mars. Le choix est clair: la couleur désormais pour elle-même, non pas démonstrative, non pas pour signifier quoi que ce soit, mais donnée comme un fait visuel, donnée comme expérience. [...] ”

Yves Michaud